L’homme dit civilisé n’a pas un rapport facile avec son corps.  Souvent ce corps semble nous encombrer, comme s’il existait une distance entre lui et son propriétaire.  Le langage nous éclaire sur cette distance. Ne dit-on pas « plier la jambe » au lieu de « fléchir le genou » ? La plier impliquerait une terrible fracture du tibia ! Je parviens difficilement à m’assimiler à mon corps, je ne lui accorde d’intérêt que dans le désir, le plaisir ou la douleur. Le yoga peut rétablir le contact. Dans les premiers temps d’une pratique, la découverte de mon propre corps, la conscience de l’habiter, sera parfois ressentie de manière vertigineuse. Pourtant, si je prenais le temps d’observer ce corps, c’est-à-dire de me placer en « Témoin » et de véritablement dialoguer avec lui, il m’apprendrait des choses capitales, je découvrirais que je ne suis effectivement pas en lui, mais que lui est en moi

 

Itinéraire vers l’harmonie, Mathieu