Les anciens voient les chakras comme des points de concentration ou des supports de visualisation destinés à façonner un corps yogique par l’imaginaire … En sanskrit, chakra veut dire roue, cercle.  Ils sont situés aux croisements de canaux qui font circuler l’énergie dans le corps. Si on dissèque un corps, on ne trouvera évidemment ni roue ni chakra.  Ils sont parfois associés à un centre nerveux ou plexus mais pas toujours. Le 20e siècle les a mis en valeur en les associant aux couleurs de l’arc-en-ciel et en les intégrant dans le développement personnel.  C’est de là qu’est venue l’expression «équilibrer ses chakras », qu’il faut prendre avec précaution. Néanmoins, l’intérêt de ces chakras, c’est qu’ils représentent une partie du corps, c’est une façon de voir le corps, d’en prendre conscience, d’y porter l’attention. Ils ont chacun une signification à la fois physiologique et pychologique.  Les yogi situent ces chakras le long de la colonne vertébrale en commençant par le bas.  Le premier est Muladhara situé à la base.  «Mula», racine, «adhara», le soutien.  Physiologiquement, on l’associe au périnée, aux organes d’élimination (vessie, colon), aux organes de reproduction.  Il nous ramène au fonctionnement basique du corps, aux besoins primaires, fondamentaux.  Psychologiquement, Muladhara évoque la stabilité, l’ancrage, l’énergie qui nous aide à garder les pieds sur terre, au sens propre comme au figuré.  «Avant de pouvoir s’élever, il faut pouvoir s’enraciner, ce chakra rappelle que toute croissance personnelle, physique ou spirituelle commence par une base solide.».  Les yogi disent que si ce chakra n’est pas en équilibre, on se disperse, on se déconnecte du corps, on se sent débordé, fatigué… Il faut alors ralentir, se recentrer, reprendre pied, s’asseoir, simplement respirer, retrouver la stabilité intérieure.  On peut aussi reprendre contact avec la nature (se promener, sentir le sol sous les pieds, jardiner) ou faire une activité physique qui vous plaît.

Inspiré par Esprit Yoga n° 89